Entre croissance démographique, variabilité climatique et intensification des usages, la ressource en eau du Sénégal appelle une gestion réellement intégrée. Panorama des enjeux et des leviers d'action.
La disponibilité de l'eau conditionne la santé, l'agriculture et le développement économique du Sénégal. Or la ressource, longtemps considérée comme abondante, se révèle inégalement répartie et de plus en plus sollicitée.
Un contexte sous tension
La demande urbaine explose autour de Dakar et des pôles régionaux, tandis que l'irrigation mobilise l'essentiel des prélèvements. En parallèle, la recharge des aquifères dépend d'une pluviométrie de plus en plus irrégulière.
Cette conjonction crée des situations locales de surexploitation, avec baisse des niveaux piézométriques et, sur le littoral, intrusion saline dans les nappes côtières.
Comprendre la ressource avant de l'exploiter
Toute stratégie durable commence par une caractérisation rigoureuse : géométrie des aquifères, volumes réellement renouvelables et vulnérabilité aux pollutions. C'est le socle de tout schéma directeur crédible.
- Inventaire et suivi piézométrique des points d'eau
- Bilans hydriques par bassin et par aquifère
- Géophysique (ERT, TDEM) pour délimiter les réservoirs
- Modélisation des écoulements (MODFLOW / FEFLOW)
“On ne gère bien que ce que l'on mesure : sans réseau de suivi pérenne, la gestion de l'eau reste une navigation à vue.”
Vers une gestion intégrée
La Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) articule usages, territoires et acteurs autour d'un même bilan. Elle suppose des données partagées, des règles d'allocation transparentes et une gouvernance à l'échelle du bassin.
Le rôle de l'expertise scientifique
EAU-GEF accompagne institutions et bailleurs du diagnostic à la décision, en combinant terrain, modélisation et transfert de compétences pour rendre les acteurs autonomes sur le long terme.



